Communiqué de presse du 6 mars 2001

Presse : Laurence Corona 01 42 17 47 87
Droits étrangers : Jean-Baptiste Bourrat 01 42 17 47 85

Le 5 mars 2001, la Banque générale du Luxembourg a livré son interprétation des transactions opérées durant la journée du 8 août 1991. Nous sommes heureux de connaître enfin sa réaction, que nous attendions depuis six mois : Denis Robert avait envoyé le 8 septembre 2000 une lettre recommandée détaillée au président de la BGL, dans laquelle toutes les précisions apportées aujourd’hui étaient demandées. Cette lettre était restée sans réponse.

Ce communiqué appelle notamment les observations suivantes :

Affirmation de la BGL :

"Les auteurs du livre ont agi dans l’ignorance des jugements successifs, pourtant publics, dans l’affaire BCCI-Luxembourg, dans la confusion entre le régime de gestion contrôlée institué le 8 juillet 1991 et la liquidation de la BCCI prononcée en date du 3 janvier 1992."

Réponse des auteurs de " Révélation$ " :

1/ Le jugement du 8 juillet 1991, comme d’ailleurs les autres jugements relatifs à cette affaire, n’ont jamais été publiés et leur obtention relève d’un véritable parcours du combattant ! La liquidation de la BCCI s’est effectuée, selon les habitudes de la place financière luxembourgeoise, dans une " transparence " et une " information publique " réservée aux seuls initiés. En outre, si tout était si clair, pourquoi avoir installé des bureaux dans un étage de l’Hôtel Intercontinental et ne pas avoir utilisé les bureaux de la BCCI ?

2/ C’est parce que Brian Smouha, commissaire à la gestion contrôlée puis liquidateur, n’a pas répondu à notre lettre à propos de l’été 1991 que nous avons passé sous silence son rôle. Qu’il soit intervenu dans la transaction du 8 août 1991, sous le régime de la " gestion contrôlée ", ne change rien à notre démonstration. Cette information ajoute seulement un initié de plus à notre liste.

Affirmation de la BGL :

"Le compte n° 32506 BGLCLIEN n’était pas un compte au profit d’un "créancier privilégié" mais un compte BGL regroupant les opérations de l’ensemble des clients détenteurs de titres."

Réponse des auteurs de " Révélation$ " :

Nous confirmons que l’opération était destinée à servir un créancier privilégié. Nous avons en notre possession des éléments qui prouvent que cette transaction ne s’est pas déroulée selon le schéma idéal décrit par la BGL. Il faut pour cela étudier, poste par poste, tous les mouvements des 8 et 9 août 1991 dans les microfiches de Cedel. Ces éléments de preuve seront confiés à la Justice dès qu’elle le demandera, et à la " Mission parlementaire française sur les obstacles au contrôle et la répression de la délinquance financière et du blanchiment des capitaux en Europe " lors de l’audition publique du 20 mars 2001. Ils seront également produits lors du procès en diffamation que la BGL déclare vouloir intenter aux auteurs et à l’éditeur de " Révélation$ ", ainsi qu’à Canal Plus. Nous nous félicitons néanmoins que l’authenticité de nos documents ne soit pas mise en doute.

De manière plus générale, quatre jours après la publications du livre Révélation$ et la diffusion du film Les Dissimulateurs sur Canal Plus , nous constatons :

- que Cedel-Clearstream s’enferme dans une logique de bunker et annonce un harcèlement judiciaire, en France et à l’étranger ;
- qu’aucune réponse n’est faite aux questions importantes que posent le livre et le film concernant, en particulier, l’existence au sein de Clearstream d’un sous-système incontrôlable ;
- qu’il a fallu attendre la publication du livre et la diffusion du film pour obtenir des explications, que nous jugeons partielles et discutables, de la part de la BGL.

À cette stratégie de l’affrontement, nous préférons celle du débat. Carlos Zeyen, le substitut du procureur de Luxembourg, a déclaré lundi au Républicain lorrain : "En général, nos relations avec les banques sont au beau fixe. C’est une relation de confiance. Le secteur bancaire a tout intérêt à collaborer, car ici, à Luxembourg, personne n’a intérêt à ce que l’on soit vu de l’extérieur comme ceux qui protègent la grande criminalité internationale." C’est également notre point de vue. Les auditions et les investigations à venir, qu’aucune intimidation ne saurait empêcher, permettront aux citoyens luxembourgeois, français et européens d’être éclairés et édifiés.

    Version imprimable de cet article Print envoyer l'article par mail Ajouter à votre marque-pages en ligne

Un dossier
pour aller
plus loin