Politis, 21/03/2012

Michel Butel est un aventurier de la presse. Non pas un bâtisseur d’empire, un magnat à la Citizen Kane, mais un artisan de grands chemins, un créateur de canards sans pareil. Son petit dernier : l’Impossible. Un titre que Michel Butel explicite ainsi : « Nous lui avons donné le nom du temps qui vient. » Pas plus d’explications. Ou plutôt, si : le reste de ce premier numéro, daté de mars 2012, doit donner à voir et à comprendre de quel « impossible » il s’agit, de quelle nature est le « temps qui vient ».

À le lire, il semblerait que celui-ci soit plus fécond que stérile. Ce journal a aussi un sous-titre : « L’autre journal ».
L’Autre Journal ? Le chef-d’oeuvre de Michel Butel.
De 1984 à 1992, une invention de chaque instant ou plus exactement de chaque semaine (après avoir été mensuel) avec ses hauts géniaux et ses bas trop branchés. Les éditions des Arènes en publient ces jours-ci une anthologie (400 p., 29 euros)
.

Tout en choisissant ce soustitre, Michel Butel souhaite que l’Impossible ne soit pas lu comme la suite de l’« autre », comme son descendant direct. Et pourtant. Sans doute plus sobre esthétiquement même si les polices typographiques continuent à rigoler , on retrouve là un journal sans journalistes, avec des intellectuels, des artistes, des écrivains. Plusieurs étaient de la partie précédente.

Le rapport à l’actualité est aussi des plus libres, et les sujets futiles n’existent pas. Exemples. Sélim Nassib rencontre au Caire Asmaa El-Ghoul, écrivaine palestinienne de Gaza obligée de s’exiler pour s’être opposée à son oncle, un responsable du Hamas au pouvoir. Tandis que Jean-Christophe Bailly révèle à Paris l’existence du Pavillon de l’eau, avenue de Versailles.

Le monde qui va est partout. L’Impossible veut en rendre compte.

Christophe Kantcheff,

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