La Fabrique du monstre

Philippe Pujol

Sous son ciel bleu, Marseille est un vrai jeu de domino. Noir. Blanc.

L’économie de survie pousse le marché noir.
Qui alimente les trafics d’armes et de drogue.
Qui nourrissent la corruption immobilière.
Qui vit du clientélisme électoral.
Qui fabrique les petits malfrats, des minots de vingt ans, qui vont s’entretuer ensuite…

Au bout du compte, ces facteurs ouvrent un boulevard au Front National.

Depuis dix ans, Philippe Pujol, prix Albert-Londres 2014, plonge chaque jour dans un entrelacs d’HLM immondes, de crimes répétitifs, de drogues trafiquées, de règlements de comptes, de favoritisme et surtout d’humanité piétinée. Personne ne peut sortir de ces zones, dont les enfants ne connaissent même pas la mer. Personne ne veut y entrer. D’une délinquance à l’autre, à chaque nouvelle strate de populations immigrées, cette situation fabrique un monstre.

Authentique héritier d’un Albert Londres plongé dans l’enfer du bagne de Cayenne, Philippe Pujol porte la plume loin dans cette plaie-là.

Photo de couverture : ©Gilles Favier / Agence VU’