Cinq ans en Chine

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mardi 27 mars 2007

La mort d'un Mao

Mao est mort. Et sa disparition est passée quasiment inaperçue. Il s'agit en fait de Mao Anqing, le dernier fils connu encore en vie du Grand Timonier : son décès, à l'age de 84 ans, a été annoncé dimanche à Pékin.
L'histoire des enfants de Mao Zedong fait partie de la tragédie chinoise. Comme le rappelait un article récent de Libération, Mao fut un grand amateur de femmes : il en épousa quatre durant sa vie, qui portèrent au moins douze enfants. Dont seuls trois lui survécurent.
Mao Anqing est né dans le Hunan, la province natale de son père, mais a été exfiltré à Shanghaï par les réseaux communistes lorsque les nationalistes du Komintang ont tué sa mère, Yang Kaihui. Mais une fois à Shanghaï, il a dû se débrouiller tout seul. Il a été battu par un policier, un tabassage qui aurait laissé des séquelles mentales qui l'handicaperont toute sa vie. En 1936, Mao parvient à envoyer Anqing et son frère aîné Anying en Russie où ils passeront une décennie. Anying, dont on dit que Mao aurait bien vu un successeur, se retrouve ensuite engagé dans la guerre de Corée où il perd la vie. Mao Anqing, pour sa part, consacrera sa vie à traduire du Russe des textes marxistes-léninistes et travaillait pour le département de la propagande, pardon... rebaptisé "publicité".
Sa disparition se produit dans l'indifférence générale. Le 30ème anniversaire de la mort de Mao, l'an dernier, avait déjà été largement passée sous silence...

samedi 24 mars 2007

Le monde en 1913 ?

Parfois, surfer sur le web réserve des surprises... Je suis tombé sur un site américain qui estime que le monde ressemble à celui de 1913, c'est-à-dire à la veille de la première guerre mondiale. Le fondateur du site, Matt Wilson, recense donc toutes les informations -et elles ne manquent pas!- qui vont dans son sens, toutes les "menaces" vis-à-vis des Etats-Unis provenant essentiellement de Chine, de Corée du Nord, de Russie, d'Iran et du reste du monde islamique. Ca donne évidemment une vision assez paranoiaque du monde, avec une mise en page qui accentue le côté veillée d'armes.
Ainsi, une information mise en ligne hier fait état de l'élaboration par la Chine d'un système GPS destiné à n'être utilisé qu'en temps de guerre, destiné en particulier à détruire les autres systèmes GPS, un post lié au récent test par la Chine d'un système de destruction de missiles qui a fait grand bruit. La page dans laquelle se trouve cet article contient des pubs pour acheter des armes, des livres sur l'histoire militaire, etc. Une ambiance militariste qui fait froid dans le dos.
Cela dit, ce va-t-en guerre américain n'est sans doute pas très éloigné de certains secteurs du Pentagone qui considèrent effectivement la Chine comme l'ennemi de demain. Le chef d'état major américain se trouvait d'ailleurs ces derniers jours en Chine où il a déclaré que les objectifs militaires chinois n'étaient pas clairs malgré les nombreux échanges entre Washington et Pékin.
Alors, sommes nous en 1913 ? Où se trouve le Sarajevo du XXI° siècle ?...

mercredi 21 mars 2007

La question de Bruno Philip...

Suite à la confusion qui semblait régner sur la nature de la question posée par Bruno Philip, le correspondant du Monde à Pékin, lors de la conférence de presse du premier minisre chinois Wen Jiabao, il m'a semblé que la meilleure solution était de lui demander ce qu'il avait dit. "From the horse's mouth", comme disent nos amis anglais... Voici sa réponse : ''"Voici la question que j'ai eu 'l"honneur" comme tu dis dans ton blog, de poser. Je précise que la question était en deux temps d'où, la confusion du Français de Pékin. J'avais soumis la première partie, évidemment pas la seconde...
Première partie : dans un article publié dans le "Quotidien du peuple", Wen a vait à la fois indiqué qu'il n'y avait pas contradiction entre système socialiste et démocratie. Tout en ajoutant que le "stage initial du socialisme" (dans lequel est la Chine) pouvait durer cent ans... Une manière, comme je le soulignais dans mon papier de vendredi, de dire que la démocratie pouvait attendre... Je lui ai donc demandé si c'était précisément ce qu'il entendait... Il m'a dit que je n'avais rien compris tout en répétant la même chose, par ailleurs... Même si l'on peut déceler, comme dirait Laurent B. sous l'épaisse réthorique quelques frémissements pas tout à fait ininteressants... Deuxième partie, c'est ce que tu as cité dans ton blog, j'ai juste ajouté un peu perfidemment : "que pensez vous de cette déclaration d'un ancien secrétaire général du parti communiste chinois?....."''
L'ambiguité est donc levée. La question que j'ai citée a bien été posée, mais elle était en deux temps. Débat clos.

lundi 19 mars 2007

la droite, la gauche, et la Chine

Et s'il y avait une vraie différence entre droite et gauche sur la manière de traiter avec les autorités chinoises... Voilà donc Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense et ralliée au camp Sarkozy, qui vient d'effectuer une tournée en Asie au cours de laquelle elle a réaffirmé son soutien à la levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine, imposé dans la foulée du massacre de Tiananmen en 1989. MAM l'a dit haut et fort à ... Tokyo, où cette position est évidemment très impopulaire, tout en reconnaissant qu'il n'existait pas, à l'heure actuelle, de consensus européen pour le lever. Elle est même allée plus loin, en approuvant l'accroissement des dépenses militaires chinoises (+17,8% cette année).
On se souviendra peut-être que Ségolène Royal, lors de sa visite en Chine en janvier, visite dont on a surtout retenu la gaffe sur la justice..., avait quand même pris une position peu commentée à l'époque : elle avait affirmé au vice-président chinois Zeng Qinghong qu'elle ne soutiendrait plus au niveau européen la levée de l'embargo sur les ventes d'armes, contrairement à la position défendue par Jacques Chirac. La candidate socialiste s'était, de fait, alignée sur ... Angela Merkel, la Chancelière chrétienne-démocrate allemande, qui avait déjà inversé la position de son prédécesseur social-démocrate, Gerhard Schroeder. C'est compliqué la politique!
Il est assez ironique que Michèle Alliot-Marie aille en Asie défendre cette position sur l'embargo alors qu'elle n'a aucune raison de le faire autre que de vouloir faire plaisir aux oreilles chinoises. Surtout venant de quelqu'un qui, au congrès de l'UMP, interpelait ainsi la candidate socialiste : "Oui, madame Royal, il faut oser parler des droits de l'homme, même en Chine"! Tout ce qu'on a entendu hier, c'est le même discours complaisant pour Pékin, entrecoupé de slogans sarkozystes au Novotel de Pékin décoré pour l'occasion...

dimanche 18 mars 2007

Wen Jiabao, Zhao Ziyang et la démocratie...

Petite contribution au débat fort intéressant sur la démocratie sur une note précédente... Mon excellent confrère du Monde à Pékin, Bruno Philip, a eu l'honneur et le privilège de pouvoir poser une question au premier ministre Wen Jiabao lors de sa conférence de presse annuelle (oui, vous avez bien lu, le premier ministre chinois ne répond aux journalistes qu'une seule fois par an, à l'issue de la session parlementaire) vendredi dernier, et il lui a demandé ce qu'il pensait de l'opinion de son ancien mentor, le défunt ex-secretaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang, qui, dans un livre de Mémoires posthumes publié à Hongkong, estime que "pour se moderniser, la Chine devrait bénéficier de droits politiques démocratiques et d'un système multipartite". Selon le compte rendu de Bruno Philip, Wen Jiabao, qui fut le bras droit de Zhao Ziyang jusqu'à son limogeage en juin 1989, et figure notamment sur les photos à ses côtés lors de la visite historique du numéro un de l'époque aux étudiants qui occupaient la place Tiananmen lors du "Printemps de Pékin", s'est contenté de répondre : "je n'ai pas lu ce livre"...
Mieux, selon le Financial Times, si la question, en elle-même audacieuse, a pu être entendue par des millions de Chinois lors de la retransmission en direct de la conférence de presse à la télévision, elle a été expurgée de la version disponible sur les sites internet officiels, et ne figure pas dans les retranscriptions officielles de cet événement. Comme quoi, même si selon certains de nos commentateurs de ce blog, les Chinois sont tellement heureux que la question de la démocratie ne se pose pas, les plus hautes instances du pouvoir jugent préférable de leur cacher l'opinion d'un ancien secrétaire général du Parti qui était légèrement en désaccord avec la ligne de l'heure. Il va sans dire que le livre lui-même n'est pas autorisé en Chine, et il semble que son auteur, agé de 87 ans, ait quelques ennuis...
Je parlais au début d'"honneur" et de "privilège" d'avoir pu poser une question lors de cette conférence de presse car la règle du jeu est assez particulière. A moins qu'elle ait changé depuis mon départ de Pékin l'an dernier, on ne pouvait poser de question, lors de cet événement médiatique, que si on y avait été autorisé par avance. Ma première année à Pékin, je m'étais naivement installé dans la ligne de mire du porte-parole officiel chinois, qui désigne les journalistes au fur et à mesure du déroulement de la conférence de presse, dans l'espoir de poser une question. J'ai levé la main pendant les deux heures de la conférence, et ai croisé son regard plusieurs fois, en vain. Je n'ai jamais eu la parole, et mes collègues plus anciens sont venus m'expliquer u peu moqueurs que c'était une perte de temps si je n'avais pas été prévenu la veille que j'étais autorisé à poser une question. Pendant mes cinq ans en Chine, je n'ai jamais reçu ce coup de téléphone et n'ai donc jamais pu poser de question au premier ministre...


photo : les médias chinois pendant la conférence de presse du premier ministre, en 2005.

vendredi 16 mars 2007

la contagion sans virus

Remarque pertinente du sinologue François Godement, jeudi soir à la deuxième des conférences de Sciences Po sur l'Asie que j'anime : à propos des chutes des bourses occidentales, il y a deux semaines, en réaction à la baisse (relatve) de celle de Shanghaï, il a souligné le caractère largement psychologique de la panique des marchés, car il y a, de fait, très peu de passerelles entre le marché boursier chinois très fermé et très influencé par "la main invisible de l'Etat" (selon la formule de Godement), et ceux des places financières asiatiques comme Hongkong et Tokyo, et occidentales, beaucoup plus intégrées les unes aux autres. "C'est comme une contagion de la fièvre sans le virus", a-t-il ironisé. Ca promet pour l'avenir si le monde attrape la fièvre chinoise sans raison...

mercredi 14 mars 2007

A propos des incidents de Yongzhou

Si vous voulez avoir un maximum d'informations sur les incidents apparemment très violents qui se sont déroulés à Yongzhou, dans le Hunan, mettant aux prises des étudiants et la police paramilitaire, un site en anglais, l'indispensable EastSouthWestNorth leur consacre une page très complète, avec traduction de nombreuses informations de langue chinoise, notament de la presse chinoise de Hongkong toujours mieux informée. Il y a également de nombreuses photos qui montrent la violence des faits.
Ces incidents m'ont fait tiquer car il y a seulement quelques jours, un hommes extrêmement bien informé sur les coulisses du pouvoir à Pékin me disait que les tensions étaient très fortes entre les clans de Hu Jintao et du vice-président Zeng Qinghong dans la perspective du congrès du Parti communiste à l'automne, et qu'un gros incident social serait exploité par le second pour affaiblir le numéro un. Vous vous souvenez peut-être que j'avais évoqué en janvier l'hypothèse que Hu Jintao soit appelé à renoncer à l'une de ses fonctions, sans doute celle de Président de la République, pour n'occuper que celles de dirigeant du Parti. C'est toujours de cette sérieuse modification du pouvoir, et d'un affaiblissement de la position du président, qu'il est question... Ces émeutes, en pleine session de l'ANP, ne manqueront pas de peser sur ce débat très très interne au premier cercle du pouvoir.

MISE A JOUR: plus de détails jeudi sur le site de Libé.

samedi 10 mars 2007

La leçon de modestie d'Hubert Védrine

Français attention : le monde ne correspond pas à l'idée que vous vous en faites. Pour l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, cette vérité simple est un tabou à briser, même en période électorale.
On aime ou on n'aime pas Hubert Védrine. Passer quatorze ans auprès de François Mitterrand à l'Elysée ne conduit assurément pas à l'angélisme. Et cinq ans à la tête de la diplomatie française (1997-2002), à travers la guerre du Kosovo et quelques crises internationales vous forgent une vision clinique des rapports de force internationaux. Toujours est-il que jeudi soir, Hubert Védrine a "planché" devant un amphi plein à craquer à Sciences Po-Paris, dans le cadre de la formation continue, autour du thème de la montée en puissance de la Chine. Le point de départ était la préface de védrine à l'édition chinoise d'un de ses livres, et dont nous avons déjà parlé ici. Sciences Po m'avait demandé d'animer le débat, premier d'une longue série de conférences consacrées à l'Asie.
Je retiendrai surtout l'invitation de l'ancien ministre socialiste à la modestie. S'il est un message que, en ce temps électoraux où on parle de tout sauf du monde tel qu'il est, où les enjeux internationaux sont singulièrement éludés, comme à chaque fois, le mérite d'Hubert Védrine est de ramener au bon sens et à la réalité. Il est parti de 1989 et de la chute du mur de Berlin, lorque les Occidentaux ont cru naivement "qu'ils avaient gagné", comme l'avait théorisé hâtivement Francis Fukuyama : "la fin de l'histoire"... Pour Hubert Védrine, il y a une double "irrealpolitik" : celle des Etats-Unis "qui ont cru que l'histoire pouvait se régler par la guerre", et celle des Européens "qui croient à une communauté internationale post-traumatique" dans laquelle tout se règlerait de manière harmonieuse...
"Il n'y avait pas de place dans ce monde-là pour l'émergence de la Chine et de l'Inde", a-t-il souligné. Et c'est peu dire que les Occidentaux n'étaient pas, et dans une large mesure ne sont toujours pas préparés à la règle du jeu d'un monde nouveau dans lequel de ouveaux acteurs font entendre leur voix, font peser leur poids. Pour Hubert Védrine, à l'opposé de la doctrine américaine, "il faut tout négocier dans le monde actuel", et il faut "repenser le système multilétéral". Un constat qui inciterait à bâtir une Europe plus forte pour peser sur les afaires du monde, mais, comme il l'a lui-même souligné, cela ne se fait pas par décret...
A partir de là, on peut diverger avec l'ancien ministre, qui ne joue qu'un rôle marginal aujourd'hui dans la campagne de Ségolène Royal. On peut contester son specticisme, pour employer un euphémisme, sur l'enjeu des droits de l'homme, sur la manière de peser ou d'influencer un pays de la taille de la Chine... Mais il est certain que la prise en compte du monde tel qu'il est aujourd'hui avec l'émergence des puissances qu'on n'attendait pas autour de la table, permet de se poser les questions à partir d'une base plus saine. On aimerait que ce postulat soit intégré par les candidats à l'élection présidentielle, quels qu'ils soient, mais on est loin du compte...



La fin de l'histoire version humoristique : affiche d'une pièce de théâtre à New York...

vendredi 9 mars 2007

Le blog d'une journaliste chinoise en France

Arnaud, étudiant de Sciences Po, me signale un nouveau blog francophone consacré à la Chine, ou plus précisément au regard d'une Chinoise porté sur la France. C'est le blog de Liu Yi, jeune correspondante à Paris de la télé en mandarin Phoenix TV, qui a l'air de bien s'amuser dans la campagne électorale, posant un jour une question à Sarkozy sur la Chine qui lui fait prononcer quelques paroles pas très aimables vis à vis de Pékin, ou rencontrant Bayrou au milieu des tracteurs et qui la prend pour une japonaise...
Seule petite réserve, dans la présentation de Pascale Clark, qui a reçu Liu Yi sur son plateau d'Aparté, la journaliste de canal+ dit que Phoenix TV, basée à Hongkong, est indépendante du pouvoir chinois : c'est évidemment vite dit car les liens entre Phoenix et Pékin sont considérables. J'ai interviewé il y a quelques années Liu Changle, le patron de Phoenix, un ancien de l'armée populaire de libération, associé à Rupert Murdoch qui est en train de s'en désengager. Mais Phoenix a assurément un ton plus libre que CCTV et les autres chaînes du continent, même si elle sait très bien où il faut s'arrêter... En tout cas, bon vent à Liu Yi, dont j'espère que le blog, avec le temps, puisse devenir un lieu de débat, non pas sur la Chine, mais sur la France...

lundi 5 mars 2007

le théâtre de la démocratie



Puisque nous débattons beaucoup de la démocratie, je ne résiste pas à vous offrir cette vue de l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), ce lundi à Pékin. Rituel immuable, avec l'arrivée des plus de 3000 députés venus de toute la Chine, beaucoup d'uniformes militaires, de tenues des minorités ethniques, et d'apparatchiks en tous genres qui se font prendre en photo devant le Palais du Peuple avant d'entrer en session... Après, c'est quinze jours de débats non stop, sans grand enjeu ni, pour être très franc, beaucoup d'intérêt.. Bref, un théâtre de la démocratie mis en scène par le parti communiste chinois et destiné à durer encore un siècle! Pour plus de photos, allez voir celles d'Un Oeil sur la Chine, sur le site du Monde.

samedi 3 mars 2007

Un Pékinois très ABC

Kaiser Kuo est un des personnages incontournables de la "scène" pékinoise au sens le plus large. Je viens de découvrir qu'il avait lancé son propre blog le mois dernier, un mélange intéressant de commentaires sur la scène musicale chinoise dont il a fait partie, sur la chute de la bourse de Shanghaï, ou sur ses états d'âme d'ABC (american-born Chinese...) vivant à Pékin et marié à une Pékinoise. C'est en anglais (malgré son nom, Ich Bin Ein Beijinger, qui était celui d'une chronique assurée par Kaiser Kuo dans le magazine That's Beijing. Référence directe à Kennedy et son célèbre Ich Bin Ein Berliner...), c'est bien écrit, et ça vaut le détour...
Pour ceux qui fréquentaient déjà le Pékin du début des années 90, le nom de Tang Dynasty évoque assurément quelque chose d'important. Ce groupe de rock heavy metal trônait sur la scène underground de la capitale, mais il a volé en éclat à la suite de la mort de son musicien vedette, mais aussi, nous explique Kaiser Kuo dans son dernier post, à la suite du bombardement de l'ambassade chinoise à Bergrade par des missiles américains en 1998, qui divisa le groupe. Kaiser Kuo, Chinois-Américain, est devenu ce jour-là plus "américain" que chinois aux yeux de ses camarades...
Aujourd'hui, Kaiser Kuo reprend parfois sa guitare -je me souviens de l'avoir croisé, seul avec sa guitare à l'aéroport de Kunming, en revenant d'un festival de rock à 3000 mètres d'altitude...-, mais aujourd'hui il a visiblement un boulot bien plus assis dans le cadre du groupe de com Ogilvy! Du heavy metal à Ogilvy, de ABC à Pékinois, des années 90 aux années 2000, Kaiser Kuo résume à lui seul pas mal de mutations chinoises.