vendredi 17 novembre 2006
les socialistes "chinois" décalés
Par phaski, vendredi 17 novembre 2006 à 09:06 :: General
Les militants socialistes français de l'espace chinois ont dû se réveiller ce matin avec un sentiment de décalé... Contrairement à ce qui s'est passé en France (en métropole, aurait-on écrit à une époque!), ils n'ont pas placé Ségolène Royal en tête de leur choix de candidat à l'élection présidentielle. En Chine, c'est même un raz de marée en faveur de Laurent Fabius (46,3%), suivi pas trop loin par Dominique Strauss-Kahn (36,6%), alors que Ségolène Royal ne recueille que 12,2% des voix, principalement reçues à Taiwan, qui se différencie là aussi du continent et de Hongkong... A Hongkong, la désormais candidate officielle du PS n'a même pas reçu une seule voix! Un raz de marée, il est vrai, aux allures de goutte d'eau puisqu'il n'y avait que sept inscrits à voter chez Odile Pierquin, enseignante bien connue du lycée français de Pékin, et pilier de la communauté française de Pékin, et que pour l'ensemble chinois il y avait 42 inscrits. Mais quand même, avec Pékin, Shanghai, Hongkong et Taipei, l'indication est intéressante. Merci au site internet Aujourd'hui la Chine de nous donner ces chiffres aussi vite et avec autant de précisions.
Alors pourquoi ce décalage entre le vote "chinois" et celui de France ? Configuration particulière des sections PS, avec un responsable régional, René Aicardi, basé à Hongkong, ouvertement fabusien ? Une moindre sensibilité aux débats médiatiques français qui ont fait la part belle à Ségolène Royal ? La faiblesse de la candidate par rapport à ses deux rivaux sur les questions internationales et d'économie internationale ? Difficile de répondre. D'autant que, apparemment, les militants socialistes vivant dans les autres pays de l'Union européenne ont semble-t-il voté comme ceux de France, plaçant Ségolène Royal bien en tête. Il y a donc bien une spécificité "chinoise"...
Ce sentiment de décalage, je l'avais ressenti au premier tour de l'élection présidentielle de 2002. J'avais aidé au dépouillement au consulat de Pékin, et nous étions allés nous coucher tranquilles, avec Chirac et Jospin en tête dans tous les bureaux de vote "chinois", prêts à disputer le second tour. Pour nous réveiller le lendemain matin avec Le Pen au second tour à la place de Jospin! Il faut dire, évidemment, que la sociologie de l'expatriation n'est pas très représentative de la population française. Mais le choc avait été rude. Cette fois, pour les socialistes de Chine, le choc est de moindre ampleur, évidemment. Reste à savoir ce que Ségolène Royal pense de la Chine, de la manière de traiter les rapports franco-chinois, de l'émergence de la puissance chinoise, en Afrique notamment, ou encore de sa place dans l'économie mondiale... On ne l'a guère entendue sur des sujets importants comme ceux-ci, pas plus que Nicolas Sarkozy d'ailleurs. J'essaierai d'en rendre compte ici.
